Alors que le pays abriterait entre 25 et 30 millions d’habitants, la phase de collecte du quatrième Recensement général de la population s’est achevée le 31 juillet après une double prolongation de deux mois accordée par le gouvernement. Si des citoyens rapportent avoir été oubliés, les commissions locales affirment avoir ratissé l’ensemble du territoire, y compris les zones de crise, les camps de réfugiés et les enclaves abritant des minorités.
Au cœur des camps de réfugiés : le défi de l’inclusion
Dans le camp de Gado-Bazere, qui abrite plus de 20 000 déplacés centrafricains (pour une estimation globale d’environ 26 000 personnes sur place), les opérations se sont heurtées à des réalités logistiques et humaines complexes.
À l’image de Mariam, mère de famille interrogée au sein de son foyer de paille, l’importance de la démarche est saluée malgré les difficultés : « C’est important qu’on soit venu nous compter. Cela prouve qu’elles existent », témoigne-t-elle.
Pour surmonter la barrière de la langue au sein de cette population diversifiée, les autorités ont mis l’accent sur le recrutement d’agents multilingues. « On s’est arrangé pour que dans les recrutements des agents, il y ait des gens qui puissent parler le haoussa, le fufuldé, le maka, le gbaya etc. », explique Jean-Pierre Chouame, superviseur départemental du recensement.
Une mobilisation réussie auprès des minorités de l’Est
Dans la région de l’Est, la stratégie de proximité a porté ses fruits :
- À Walde Gori : Situé à une vingtaine de kilomètres de Bertoua, ce village accueille une communauté bororo d’environ 3 000 âmes. Son chef, Ynoussa Moustapha, s’est impliqué personnellement en organisant de vastes réunions de sensibilisation pour encourager la participation de ses administrés.
- À Banondo : Plus loin, à environ 50 kilomètres de Bertoua, l’arrivée des agents recenseurs dans un campement de pygmées a donné lieu à une scène inédite, marquée par des chants et des danses d’accueil.
Des taux record dans les zones reculées
Malgré les témoignages de personnes affirmant n’avoir pas été comptabilisées, les autorités locales affichent des chiffres de couverture très optimistes. À Garoua-Boulaï, Gado-Bazere et Walde Gori, le taux de recensement revendiqué atteint environ 94 %, une performance nettement supérieure à la moyenne nationale estimée autour de 70 % avant la clôture définitive des opérations.

































