L’Université de Yaoundé I franchit un cap décisif dans son rayonnement académique et scientifique. Le lundi 27 juillet 2026, s’est tenue la cérémonie solennelle d’inauguration de la nouvelle Chaire UNESCO de l’institution, dédiée aux sciences de l’environnement et au développement durable. Placée sous la conduite du Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa, ministre de l’Éducation de base et président de la Commission nationale pour l’UNESCO du Cameroun, cette structure ambitionne de faire de la recherche locale un levier incontournable face aux crises climatiques.
Un triptyque scientifique au service de l’anticipation
Portée par l’impulsion de la Commission nationale pour l’UNESCO et ancrée au cœur du campus, cette chaire entend rompre avec la recherche purement théorique pour proposer des outils directement opérationnels. Ses travaux s’articuleront autour de trois piliers majeurs :
- La modélisation écologique
- Le développement durable
- La géoscience
L’objectif affiché est d’analyser en profondeur le comportement des écosystèmes (forêts, bassins fluviaux, sols) afin de mieux anticiper les aléas climatiques tels que les sécheresses, les inondations et l’érosion de la biodiversité. Les autorités académiques et politiques ne veulent pas de thèses vouées à dormir dans les bibliothèques, mais exigent des résultats concrets : cartes de vulnérabilité, outils d’aide à la décision pour les collectivités territoriales et données exploitables par les ministères techniques.
Une inauguration sous le signe des grandes hausses institutionnelles
Cet événement d’envergure a réuni les plus hauts dignitaires de l’État et de la diplomatie académique. Aux côtés du Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa, la cérémonie a enregistré la présence remarquable du Pr Jacques Fame Ndongo, ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, ainsi que d’André-Magnus Ekoumou, délégué permanent du Cameroun auprès de l’UNESCO. Le Pr Remy Magloire Dieudonné Etoua, recteur de l’Université de Yaoundé I, endosse quant à lui le rôle de premier titulaire de cette chaire.
Un terrain d’observation d’exception : le Cameroun en première ligne
Bénéficiant de la diversité de ses écosystèmes — de la richesse du bassin du Congo à sa façade atlantique en passant par les vastes zones de savane —, le Cameroun offre un laboratoire naturel unique pour la recherche environnementale.
Pour le recteur Etoua, la chaire a vocation à devenir un véritable carrefour d’intelligence collective, fédérant chercheurs, étudiants, organisations non gouvernementales (ONG) et acteurs du secteur privé. Dans un contexte où le dérèglement climatique perturbe durablement les calendriers agricoles et fragilise l’urbanisation, l’Université de Yaoundé I entend bien se positionner comme un pôle d’excellence capable de produire et d’exporter une expertise africaine de pointe.
La Chaire UNESCO est désormais officiellement sur pied. Le défi qui s’ouvre à présent pour l’institution est de taille : transformer les équations de la recherche scientifique en solutions tangibles pour les populations et les territoires.

































