Face aux interrogations et aux vifs débats de l’espace public concernant les séjours du chef de l’État à l’étranger, l’exécutif et la majorité présidentielle déploient une communication plurielle. Si certains y voient des contradictions, l’analyse des interventions de figures majeures telles que le ministre d’État Jacques Fame Ndongo et le ministre Grégoire Owona démontre plutôt une complémentarité stratégique : chacun s’exprime avec ses propres arguments et sa sensibilité, mais le fond et la finalité restent rigoureusement les mêmes.
Une pluralité d’angles pour répondre à la même préoccupation
L’exercice de la communication gouvernementale face à des sujets sensibles exige de battre en brèche les thèses de l’opposition — qui agite régulièrement l’argument de la vacance du pouvoir. Pour démonter ces accusations, les cadres et membres du gouvernement choisissent des registres d’explication distincts :
- L’approche institutionnelle et textuelle : Portée par des figures comme Jacques Fame Ndongo, elle rappelle avec constance la stricte légalité constitutionnelle. L’argument central repose sur le fait qu’aucun texte de la loi fondamentale ne fixe de limite temporelle précise aux déplacements du président de la République hors des frontières nationales.
- L’approche pratique et sociale : Illustrée par la sortie de Grégoire Owona, elle investit le terrain du droit commun et du quotidien pour faire analogie avec le statut de tout travailleur. En évoquant le cadre des congés annuels et des équivalences normatives, l’objectif est de dédramatiser l’absence en la ramenant à un droit fondamental reconnu à tout employé, y compris au premier d’entre eux.
Une convergence absolue sur le fond : la légitimité et la continuité
Si les angles d’attaque diffèrent — l’un convoquant le vide textuel constitutionnel, l’autre s’appuyant sur les principes généraux applicables aux travailleurs —, la substance du message politique demeure strictement identique.
L’objectif partagé par ces différentes voix est triple :
Réfuter catégoriquement toute idée de vacance du pouvoir, en affirmant que les institutions fonctionnent de manière continue et fluide.
Affirmer la légitimité pleine et entière du président Paul Biya dans l’exercice de ses hautes fonctions, qu’il soit sur le territoire national ou en déplacement.
Clore les polémiques stériles en démontrant que chaque acte s’inscrit dans un cadre légal et républicain établi.
Qu’un membre du gouvernement s’exprime sous l’angle du droit constitutionnel ou qu’un autre choisisse le prisme du droit du travail, ces variations de ton témoignent d’un appareil étatique qui s’adresse à des publics aux sensibilités diverses. Lorsque la forme s’adapte à la pédagogie nécessaire mais que la convergence de fond demeure intacte pour défendre les institutions de la République, c’est la cohérence globale de l’action gouvernementale qui l’emporte.

































