Lancée le 12 juin 2026, la onzième édition de la Chimio-prévention du paludisme saisonnier bat actuellement son plein dans la région de l’Extrême-Nord. Portée par des agents de santé de terrain, cette opération gratuite cible plus d’un million de petits Camerounais pour endiguer la maladie à l’approche de la saison des pluies.
Une mobilisation de grande envergure pour protéger les plus fragiles
Le paludisme continue de peser lourdement sur les structures sanitaires, en particulier dans les zones septentrionales du pays. Pour contrer cette menace endémique, la onzième campagne de Chimio-prévention du Paludisme Saisonnier (CPS) a officiellement débuté le 12 juin 2026. Du 12 au 14 juin, un vaste réseau d’agents de santé communautaires sillonne activement les ménages de la région de l’Extrême-Nord.
L’objectif principal est l’administration de traitements préventifs gratuits à tous les enfants âgés de trois à cinquante-neuf mois, une tranche d’âge particulièrement vulnérable face à la transmission vectorielle lors de la période des pluies. Selon les précisions apportées par le Dr Jean-Pierre Kidwang, coordonnateur régional du Groupe technique de lutte contre le paludisme, l’opération revêt cette année un caractère pluridisciplinaire. En plus de la distribution des médicaments, les équipes procèdent au rattrapage du suivi vaccinal des enfants et partent à la recherche des femmes enceintes ayant interrompu leur traitement préventif. Au total, ce sont plus de 1,5 million d’enfants qui sont concernés par ce dispositif d’envergure.
Des indicateurs encourageants mais une vigilance maintenue
Cette campagne de terrain s’inscrit dans un contexte sanitaire marqué par des progrès notables dans la lutte contre la maladie. Les données publiées par le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) témoignent d’une baisse significative de la mortalité hospitalière. Alors que les formations sanitaires du pays dénombraient 4 500 décès liés au paludisme en 2019, ce chiffre a été ramené à 2 016 en 2024.
La prévalence globale connaît également une inflexion favorable. En 2024, les structures de santé du triangle national ont pris en charge près de 3 millions de cas, enregistrant une baisse en valeur absolue de 13 000 cas par rapport à l’exercice précédent, ainsi que l’a souligné Jean Fosso, secrétaire permanent adjoint du PNLP.
Néanmoins, les autorités sanitaires rappellent que la prudence reste de mise. Lors d’une réunion d’information médiatique tenue le 15 avril dernier en présence d’Albert Frank Ze Meka, secrétaire permanent du PNLP, il a été rappelé que le paludisme demeure un problème majeur de santé publique au Cameroun. Les efforts se poursuivent donc sans relâche, s’inscrivant dans la droite ligne des appels de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en faveur d’une accélération des stratégies d’éradication.

































