Face à la récurrence des drames liés aux effondrements d’immeubles dans la capitale économique, la municipalité sévit. Les services de la Communauté urbaine de Douala (CUD) viennent d’identifier 31 bâtiments présentant des désordres structurels majeurs, dont 19 qualifiés à risque imminent et 12 à risque ordinaire.
Un inventaire de la dangerosité urbaine
Cet état des lieux d’envergure fait suite à des contrôles techniques rigoureux menés dans le cadre de la politique de prévention des risques urbains. Selon les rapports de la CUD, la dégradation de ces infrastructures est imputable à de multiples facteurs :
- Le non-respect chronique des règles d’urbanisme et des normes de construction.
- L’exécution de travaux en l’absence de toute autorisation préalable.
- L’utilisation de matériaux inadaptés ou des modifications non contrôlées sur des structures existantes.
- L’abandon prolongé de certains ouvrages, les exposant à une fragilisation accrue.
Un train de mesures coercitives et graduées
Pour parer à toute catastrophe, le maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, a arrêté une série de dispositions strictes adaptées au niveau de dangerosité de chaque site :
- Évacuation immédiate : Les occupants des bâtiments présentant un danger imminent doivent plier bagage sans délai.
- Mesures conservatoires : Apposition de scellés et interdiction formelle d’accès.
- Mise en demeure des propriétaires : Notification des prescriptions de sécurisation et de confortement à réaliser dans des délais stricts.
- Démolition : Recours à la destruction pure et simple pour les ouvrages déclarés irrécupérables ou dont les propriétaires auront ignoré les injonctions administratives.
La municipalité rappelle par ailleurs que tout projet de construction, d’extension, de surélévation ou de réhabilitation doit impérativement obéir aux textes en vigueur et reposer sur des expertises techniques menées par des professionnels qualifiés.
Alors que la ville panse encore les plaies de récents drames meurtriers liés à des effondrements d’immeubles, le super maire appelle à la mobilisation générale. Les promoteurs immobiliers sont renvoyés à leurs responsabilités, tandis que les populations sont invitées à faire preuve de vigilance et à signaler le moindre signe suspect (fissures profondes, affaissements, craquements inhabituels ou déversements anormaux) pour éviter de nouveaux drames dans la cité bénite.

































