Sous la présidence du ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, le Cameroun a officiellement lancé le Pandemic Fund, un mécanisme international d’envergure destiné à transformer et à renforcer la résilience du système de santé face aux menaces épidémiques.
Un investissement global de près de 160 millions de dollars
Né en 2022 dans le sillage de la pandémie de Covid-19, ce fonds mondial — présent dans 128 pays — se décline au Cameroun à travers un montage financier massif sur trois ans : une subvention initiale de 23,5 millions de dollars (plus de 13 milliards de FCFA). et un cofinancement d’une part de 112,3 millions de dollars apporté par des partenaires internationaux et d’autre part; un co-investissement de 24 millions de dollars provenant du budget de l’État.
L’approche « Une seule santé » et le ciblage des zones à risque
Le projet national s’articule autour du concept « Une seule santé » (One Health), reliant étroitement la santé humaine, la santé animale et la protection des écosystèmes. Cet axe est jugé vital dans un pays confronté à de multiples facteurs de vulnérabilité : frontières poreuses, instabilité régionale, déplacements de populations (plus de 2 millions de personnes déplacées), inondations récurrentes propices au choléra, ainsi que la pression anthropique sur la faune sauvage (déforestation, chasse, exploitation minière).
Le programme sera déployé dans les dix régions du pays, avec un focus prioritaire sur 42 districts de santé pour répondre à plusieurs objectifs clés : renforcer la surveillance épidémiologique et les alertes précoces; ,oderniser et interconnecter les laboratoires grâce à un système d’information en temps réel; former les professionnels et constituer des équipes d’intervention rapide intégrées et opérationnaliser dix centres régionaux d’opérations d’urgence.
La cible mondiale « 7-1-7 » en ligne de mire
Pour mesurer son efficacité, le dispositif camerounais s’aligne sur les standards internationaux de la cible 7-1-7 :
- 7 jours pour détecter une flambée épidémique.
- 1 jour pour la notifier aux autorités compétentes.
- 7 jours pour déployer une riposte efficace.
La mise en œuvre opérationnelle associe plusieurs ministères sectoriels (Santé, Agriculture, Environnement, Forêts, Élevage) ainsi que des partenaires de premier plan tels que la Banque mondiale, la FAO, l’UNICEF et la Croix-Rouge.

































