Le 27 juillet 2026, le gouvernement tchadien a officiellement notifié au secrétaire général des Nations unies — dépositaire du Statut de Rome — sa « décision souveraine » de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Cette annonce, officialisée début août par un communiqué du ministère des Affaires étrangères, met un terme à plus de vingt ans d’appartenance à la juridiction basée à La Haye.
Un réquisitoire fondé sur la « sélectivité » de la Cour
Pour justifier son départ, N’Djaména s’appuie sur un bilan sévère du fonctionnement de l’institution depuis sa création en 2002, qu’il qualifie d’inefficace et à « géométrie variable ».
Le gouvernement tchadien pointe du doigt les statistiques officielles de la CPI arrêtées à mai 2026 : sur les sept personnes actuellement détenues par la Cour, six font l’objet de poursuites liées à des situations africaines, illustrant à ses yeux une concentration de l’activité judiciaire sur le Sud global et le continent africain. Le communiqué dénonce ainsi une forme d’« instrumentalisation politique ».
Un timing et une dynamique régionale
Cette décision intervient peu de temps après une mission de la procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan, au Tchad, qui n’aura pas permis d’apaiser les tensions.
Surtout, ce retrait s’inscrit dans le prolongement direct d’une fronde régionale : quelques jours plus tôt, les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger — avaient également acté leur départ de l’institution.
Les implications du retrait tchadien
Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, le processus de retrait officiel prend effet un an après la notification. Si ce départ se confirme au terme de ce délai, le Tchad rejoindrait le cercle restreint des États ayant définitivement quitté la Cour, après le Burundi en 2017 et les Philippines en 2019.
Cette nouvelle défection relance de manière aiguë le débat sur la légitimité, l’universalité et la capacité d’action de la justice pénale internationale, qui repose en grande partie sur la coopération active des États membres.

































