Six ans après la mise à l’arrêt de la Sonara, le Cameroun a lancé la construction du complexe pétrolier de Kribi, piloté par la SNH. Prévue pour 2027, cette infrastructure dotée d’une raffinerie et d’un vaste dépôt de stockage ambitionne de réduire de trente pour cent la dépendance énergétique du pays tout en dynamisant l’emploi local.
De la cendre de la Sonara à la promesse de Kribi
Six ans après le sinistre dévastateur qui avait ravagé les installations de la Société nationale de raffinage (Sonara) en 2019, le Cameroun bascule dans une nouvelle ère industrielle. Le dix-sept juillet 2025, la première pierre du futur complexe pétrolier de Kribi a été officiellement posée, marquant le lancement d’un chantier pharaonique piloté par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) en concertation avec un parterre d’acteurs économiques nationaux et internationaux.
Implanté sur une assiette foncière de deux cent cinquante hectares à proximité immédiate du port en eau profonde, ce projet d’envergure est adossé à la création de la structure dédiée CSTAR. En associant un dépôt de stockage stratégique et une unité de raffinage moderne, l’exécutif entend combler les carences structurelles qui pénalisent l’approvisionnement national et redessiner durablement l’architecture énergétique du pays.
Sécuriser les approvisionnements et doper l’économie locale
Jusqu’à présent tributaire d’importations intégrales pour couvrir ses besoins en carburant, le Cameroun s’expose en permanence à des risques de rupture de stock totale en cas de défaillance des chaînes logistiques internationales. Avec une capacité prévisionnelle de trente mille barils par jour de produits raffinés, ce projet ambitionne de faire baisser de trente pour cent cette dépendance extérieure tout en renforçant les réserves de change de l’État.
Au-delà des impératifs de souveraineté macroéconomique, la concrétisation de ce complexe — dont la mise en service est espérée pour l’horizon 2027 — charrie d’immenses attentes sociales. Les promoteurs misent sur la création de cinq mille emplois directs en phase de chantier, puis de deux mille postes pérennes lors de l’exploitation, offrant ainsi une bouffée d’oxygène bienvenue pour endiguer le chômage des jeunes dans la région.

































