Depuis la Gambie où il vit en exil, l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary a exhorté les forces de défense et de sécurité camerounaises à le raccompagner au pays pour exercer le mandat qu’il revendique depuis la présidentielle de 2025. Tout en promettant de réformer et de revaloriser l’armée, cet appel direct intervient dans un climat politique déjà tendu, marqué par l’absence prolongée de Paul Biya en Europe.
Un exil forcé et une contestation persistante du scrutin de 2025
Depuis la Gambie, où il affirme vivre contraint à l’exil, l’ancien ministre et figure de l’opposition camerounaise Issa Tchiroma Bakary accentue la pression politique. Revenant sur le scrutin présidentiel de 2025 dont il conteste vigoureusement les résultats officiels, il continue de revendiquer sa victoire dans les urnes. Selon lui, le mandat présidentiel lui aurait été directement confié par la majorité des électeurs camerounais, faisant de sa mise à l’écart actuelle une anomalie démocratique qu’il entend réparer.
C’est dans ce contexte de confrontation institutionnelle qu’il a choisi d’adresser un message direct, solennel et pour le moins audacieux aux forces de défense et de sécurité de son pays, les invitant à prendre leurs responsabilités pour l’accompagner physiquement de retour sur la terre nationale.
L’appel au serment républicain des forces de sécurité
S’adressant sans détour aux militaires et aux gendarmes, Issa Tchiroma les exhorte à se souvenir de leur engagement initial envers la patrie : « Venez me chercher et ramenez-moi chez moi », lance-t-il, en insistant sur le fait que leur mission première demeure la protection des citoyens et le respect de la souveraineté populaire. En rappelant aux troupes leur serment de servir le peuple camerounais, l’opposant cherche à fissurer la loyauté institutionnelle envers le pouvoir en place et à rallier l’appareil sécuritaire à sa cause.
Pour rendre son offre plus attractive, il formule dans la foulée des promesses concrètes à destination de la grande muette. S’il accédait au pouvoir suprême, il s’engage à bâtir une armée radicalement transformée, décrite comme « plus forte et plus professionnelle ». Cela passerait par une revalorisation drastique du statut militaire, une amélioration substantielle des conditions de travail et une prise en charge plus rigoureuse des risques inhérents à leurs missions sur le terrain.
Un timing politique explosif sur fond d’absence présidentielle
Cette sortie médiatique hautement inflammable intervient dans un climat politique national particulièrement vaporeux et incertain. Le pays fait en effet face au séjour prolongé du président Paul Biya en Europe, qui dure depuis plus de quarante jours sans qu’aucune date de retour officielle ne soit communiquée par les instances dirigeantes.
Cette vacance apparente au sommet de l’État libère les ambitions et nourrit toutes les surenchères. Alors que d’autres formations politiques réclament déjà des éclaircissements institutionnels sur la continuité du pouvoir, l’appel d’Issa Tchiroma depuis l’étranger jette de l’huile sur le feu, transformant la fronde politique en un défi direct adressé aux fondements même de l’ordre public au Cameroun.

































