L’insécurité chronique qui frappe les régions anglophones du Cameroun se rappelle tristement au؛ souvenir des habitants. À Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest, une série de trois morts violentes enregistrées en l’espace de quelques jours met en lumière la persistance d’un climat sécuritaire hautement volatil, nourri par une décennie de crise non résolue.
Une spirale meurtrière et une insécurité quotidienne
Les récents faits divers illustrent la brutalité à laquelle fait face la population locale :
- Une attaque-kidnapping : Vendredi dernier, un véhicule rentrant d’une cérémonie funéraire a été pris pour cible, coûtant la vie à un passager mortellement touché par balle.
- Agressions et homicides ciblés : Lundi matin, un corps roué de coups a été découvert, tandis qu’un autre individu a été abattu alors qu’il rentrait de son travail.
Pour Fon Nsoh, coordinateur de l’ONG Cominsud et figure respectée de la société civile, ce niveau de violence endémique trouve sa source principale dans la prolifération incontrôlée des armes à feu.
« La situation à Bamenda reste imprévisible. C’est impossible de savoir où et quand on risque de tomber entre de mauvaises mains, d’être agressé, voire tué », déplore-t-il, pointant du doigt des enlèvements commis en plein jour dès 17h et l’utilisation d’armes par des individus pour extorquer des fonds ou employer des tueurs à gages pour des règlements de comptes.
L’impasse d’une crise prolongée et l’attente de retombées concrètes
Face à ce pourrissement de la situation qui dure depuis dix ans, la société civile tente de se mobiliser, notamment à travers l’organisation d’une rencontre de concertation ce jeudi à Bamenda pour exhorter à la reconstruction de l’intérieur.
Dans ce contexte, les regards se tournent également vers la diplomatie religieuse et internationale. Alors que l’archevêque de Canterbury et cheffe de l’Église anglicane, Sarah Mullaly, est attendue ce vendredi pour une visite de cinq jours à Yaoundé — quelques mois après le déplacement marquant du pape Léon XIV à Bamenda axé sur la paix —, les acteurs locaux rappellent l’urgence de voir ces gestes forts se traduire par des solutions durables sur le terrain.

































