Et si Mr Ferdinand Ngoh Ngoh était l’un des Hommes que le Président de la République, Paul Biya, aurait préparés pour assurer la continuité de l’État ?
Depuis plusieurs années, de nombreux observateurs affirment que le Président n’aurait pas préparé sa succession, ce qui expliquerait les nombreuses interrogations qui entourent l’avenir du Pouvoir Politique au Cameroun. Pour ma part, je porte un regard différent sur cette question.
À ce stade de son parcours, Paul Biya ne peut plus être analysé uniquement sous l’angle de sa personne. Après plusieurs décennies à la tête de l’État, son action s’inscrit dans une histoire et dans une vision du pouvoir qui dépassent la simple dimension individuelle.
Dans de nombreuses sociétés traditionnelles africaines, le chef ne désigne pas toujours publiquement son successeur. De son vivant il ne déclare pas toujours l’identité de son Dauphin. Il choisit parfois un héritier qu’il forme progressivement, par une transmission implicite fondée sur le mimétisme.
Le futur chef apprend en vivant auprès du chef. Il observe, imite, reproduit et assimile progressivement les valeurs, les méthodes de travail, le sens de l’État et l’exercice de l’autorité. Souvent, ce n’est qu’après la disparition du chef que cette préparation apparaît clairement.
En observant le parcours de Ferdinand Ngoh Ngoh, je me demande s’il n’existe pas une logique comparable.
Après son retour des États-Unis, il a progressivement intégré les plus hautes sphères de l’État jusqu’à devenir Secrétaire Général de la Présidence de la République. Fait remarquable, il occupe cette fonction depuis de nombreuses années, alors que ses prédécesseurs y sont généralement restés beaucoup moins longtemps.
Certains y voient aujourd’hui le signe d’une influence excessive. Une autre lecture est cependant possible : celle d’une Haute Confiance constamment renouvelée par le Chef de l’État. Si cette confiance s’est maintenue pendant tant d’années, alors que le Président exerçait pleinement ses responsabilités, on peut raisonnablement penser qu’elle procède d’un choix assumé.
Au fil du temps, Ferdinand Ngoh Ngoh s’est vu confier des responsabilités de plus en plus importantes. Il est devenu un interlocuteur privilégié entre le Président et plusieurs membres du gouvernement.
L’attribution des « Très Hautes Instructions » a également renforcé son rôle dans le fonctionnement quotidien de l’État, illustrant le niveau de confiance dont il bénéficie.
À mes yeux, ces différents éléments peuvent être interprétés comme les signes d’une préparation progressive à l’exercice des plus hautes responsabilités.
Il est donc possible que Ferdinand Ngoh Ngoh soit l’un des hommes que le Président Paul Biya a préparés, par une forme de transmission fondée sur le mimétisme, à assurer la continuité de l’État. Seul l’avenir permettra de confirmer ou d’infirmer cette lecture.
Micca Marthe Cécile

































