Pour son troisième déplacement hors des frontières britanniques, la nouvelle cheffe spirituelle de l’Église anglicane a fait un choix hautement symbolique. Sarah Mullally, première femme de l’histoire à occuper le poste d’archevêque de Canterbury, a entamé une tournée de dix jours sur le continent africain, s’arrêtant d’abord au Ghana avant de poursuivre au Cameroun. Un choix géographique évident puisque l’Afrique abrite aujourd’hui les trois quarts des fidèles anglicans de la planète.
Une tournée sous le signe des tensions doctrinales
Malgré son importance numérique, le terrain africain s’annonce délicat pour la nouvelle primatesse. Sarah Mullally est en effet loin de faire l’unanimité au sein des communautés locales. De nombreuses églises du continent affichent un conservatisme théologique marqué et lui reprochent ouvertement sa position progressiste, en particulier sa volonté d’ouverture et d’inclusion concernant l’ordination des femmes et les questions liées aux personnes LGBTQIA+.
Invité sur le plateau d’Afrique Midi, Jack McDonald, chanoine et professeur de théologie anglicane à l’université de Leuven en Belgique, a analysé les enjeux de ce déplacement. Selon lui, cette visite met en lumière la nécessité absolue pour la tête de l’Église d’intégrer pleinement les sensibilités locales : « Il faut prendre en compte les perspectives africaines », insiste-t-il, alors que le centre de gravité démographique et spirituel de l’anglicanisme s’est nettement déplacé vers le Sud.
Entre dialogue et équilibre institutionnel
Cette tournée de dix jours constitue un test politique et pastoral majeur pour Sarah Mullally. Entre la volonté d’impulser une vision inclusive de l’anglicanisme et la nécessité de préserver l’unité d’une communion mondiale profondément divisée sur les questions de société, l’archevêque de Canterbury joue une partie cruciale de son début de magistère.

































