Financé par l’Union européenne, un projet de gouvernance des ressources naturelles porte ses premiers fruits dans le nord du Cameroun. Entre émancipation foncière des femmes, adoption de techniques agroécologiques et hausse des rendements, ces initiatives tentent de juguler une insécurité alimentaire qui touche encore plus de trois millions de personnes dans la région.
Des rendements en hausse et une émancipation foncière des femmes
Trois ans après le lancement d’un programme de l’Union européenne dédié à la gouvernance des ressources naturelles, les régions septentrionales du Cameroun enregistrent des signaux encourageants face au fléau de l’insécurité alimentaire. Portée par un consortium d’organisations de la société civile, l’initiative porte ses fruits à travers l’amélioration notable des récoltes et un accès renforcé des femmes à la terre, à l’instar de l’Adamaoua où de vastes cultures de bananes plantains voient le jour.
Dans les localités de Guider et de Ngong, la transition vers des pratiques agroécologiques durables — combinant biofertilisants et compost — permet d’optimiser la production sur des superficies restreintes, doublant parfois les rendements de mil ou de maïs par rapport aux méthodes chimiques traditionnelles pour mieux amortir la rude période de soudure.
La menace persistante de l’orpaillage face à l’urgence humanitaire
Malgré ces motifs d’espoir, la partie est loin d’être gagnée dans ces territoires où plus de trois millions de personnes subissaient encore l’insécurité alimentaire selon les bilans de 2024. Les experts de l’Union européenne pointent notamment le défi critique de la dégradation des sols, ravagés par l’expansion de l’orpaillage clandestin qui grignote les rares espaces arables disponibles et exige des opérations urgentes de réhabilitation environnementale.

































