Le débat autour des absences prolongées du chef de l’État hors du territoire national trouve un écho institutionnel de taille. Le député et président national du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), Cabral Libii, est monté au créneau pour replacer ce débat au cœur de l’arène parlementaire et démocratique.
Un vide juridique exploité par le pouvoir en place
Saisissant l’opportunité de la vive polémique qui agite l’espace public au sujet du « vide juridique » entourant la durée des séjours présidentiels à l’étranger, Cabral Libii recadre les termes du problème. L’élu relève que ce flou textuel confère à ces absences un caractère légal de fait, tout en dispensant le gouvernement de toute obligation de justification.
Cependant, combler ce vide normatif ne relève pas de la simple incantation, mais d’une bataille législative. Pour l’homme politique, tant que l’actuelle configuration de l’Assemblée nationale demeurera inchangée, aucune modification contraignante ne pourra être introduite.
Le rapport de force à l’Assemblée nationale : le monopole du RDPC
Pour étayer son propos, le président du PCRN dresse un constat chiffré de la représentation parlementaire actuelle :
- Le parti au pouvoir (RDPC) : Détient une majorité écrasante de 152 députés (dont 23 sièges vacants suite au décès de leurs titulaires).
- L’opposition : Ne pèse que 28 députés répartis entre huit autres formations politiques.
Dans un tel rapport de force, l’opposition se retrouve structurellement incapable d’imposer un contre-pouvoir ou de contraindre l’exécutif à légiférer pour encadrer les déplacements du président de la République.
L’arme de l’inscription sur les listes électorales
À l’approche des élections de 2027, Cabral Libii rappelle que la solution est entre les mains du peuple souverain. Pour espérer basculer la majorité à l’Assemblée nationale — un exploit réalisé une seule fois sous le multipartisme, en mars 1992 — l’opposition doit compter sur une forte mobilisation citoyenne.
Le député exhorte ainsi massivement les Camerounais à s’inscrire sur les listes électorales, en rappelant l’urgence de l’échéance : la campagne actuelle de révision s’achève le 31 août 2026 (avant un éventuel lancement de la nouvelle campagne le 2 janvier 2027, si le corps électoral n’est pas convoqué d’ici là). Une invitation pressante à transformer l’indignation populaire en une force de frappe électorale capable de remodeler le paysage politique national.

































