Face aux retards accumulés et à un important déficit de couverture, l’exécutif joue les prolongations. Par un arrêté publié le 31 juillet 2026, le Premier ministre a officiellement prorogé l’échéance du 4e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), couplé au Recensement général de l’agriculture et de l’élevage.
Une deuxième prorogation pour combler un gap de 40 %
Initialement prévue pour s’achever au terme d’une première période de 35 jours close le 29 mai 2026, puis une première fois prolongée jusqu’au 31 juillet, l’opération se voit accorder un sursis supplémentaire. Cette nouvelle période complémentaire court du 1er août au 15 septembre 2026.
Les chiffres officiels révèlent en effet qu’au terme des échéances précédentes, les équipes déployées sur le terrain n’ont pu couvrir qu’environ 60 % de la population globale, laissant apparaître un gap critique de 40 % à dénombrer.
Les objectifs de cette phase de rattrapage
Durant ces 45 jours supplémentaires, les équipes de recensement ont reçu des instructions précises pour redresser la barre :
- Achever l’identification de tous les ménages, personnes et exploitations agricoles encore en marge du processus.
- Contrôler la validation de la couverture géographique sur l’ensemble du territoire national.
- Intensifier la communication et la sensibilisation pour stimuler l’adhésion des populations récalcitrantes ou réticentes.
Des difficultés logistiques et financières surmontées à coup de rallonges budgétaires
Ce raté partiel des opérations s’explique en grande partie par les turbulences financières ayant émaillé le déroulement du recensement. Le terrain a notamment été lourdement handicapé par des grèves à répétition des agents recenseurs, exaspérés par le non-paiement de leurs indemnités — un symptôme direct d’une sous-estimation initiale des ressources.
Initialement fixé à 13,2 milliards de FCFA (financé à hauteur de 7 milliards par la Banque mondiale et 6,2 milliards par l’État du Cameroun), le budget global a dû être substantiellement revu à la hausse. À la faveur de décaissements successifs de 6 milliards puis de 4 milliards de FCFA en juin dernier, l’enveloppe globale atteint désormais 23,5 milliards de francs CFA.
En insistant sur une action concertée entre les autorités administratives, les municipalités et les agents de terrain, le gouvernement affiche sa détermination à tourner la page de ces dysfonctionnements. L’enjeu est de taille : se doter de statistiques démographiques et économiques fiables et actualisées, alors que le pays s’appuie actuellement sur des données de recensement vieillissantes de près de 22 ans.

































