Dans une tribune publiée sur les réseaux sociaux, le journaliste Charles Ebune dresse un portrait élogieux de la gouvernance de Paul Biya. Il décrit le président camerounais comme un stratège méthodique et rationnel, dont les décisions, guidées par la raison, nécessitent une lecture globale et initiatique pour être pleinement comprises.
Une rationalité politique affranchie de la spontanéité
Dans une tribune analytique d’une rare densité publiée sur ses réseaux sociaux, le journaliste Charles Ebune livre une radiographie minutieuse de la méthode de gouvernance du président Paul Biya. Il s’inscrit en faux contre les lectures superficielles qui qualifient l’action présidentielle de versatile, affirmant au contraire que le chef de l’État camerounais n’agit jamais de manière primesautière. Ses décisions ne relèvent ni de l’univers des spontanéités ni de l’impulsion émotionnelle, mais procèdent d’une maturation intellectuelle de long terme.
Convoquant l’esprit du Discours sur la méthode de René Descartes, l’analyste démontre que la trajectoire du locataire d’Etoudi se fonde sur la raison pure. Dans cette optique, chaque acte politique est pesé, soupesé et épuré de toute agitation superfétatoire, le dirigeant s’attachant à ne jamais mêler le futile à l’essentiel pour bâtir une permanence de l’exercice du pouvoir strictement encadrée par la Constitution.
Le concept du « Cum Prendere » et la grille de lecture des initiés
Pour appréhender la complexité d’un homme d’État qu’il qualifie de l’un des plus sophistiqués de la planète, Charles Ebune introduit un concept clé : le « Cum Prendere ». Cette approche exige de croiser et d’analyser la totalité des signaux émis par le président — qu’il s’agisse d’allocutions aux silences calculés ou d’annonces aux formules juridiques et temporelles rigoureusement codifiées — plutôt que de s’arrêter à des déclarations isolées.
Allant plus loin dans l’herméneutique politique, l’éditorialiste suggère que la décennie de maîtrise du pouvoir de Paul Biya s’apparente à une énigme que seuls les « Be yem », c’est-à-dire les initiés de la spiritualité Ekang, sont pleinement habilités à décoder. Cette vision ésotérique érige la longévité politique en un art de la haute stratégie, imperméable aux agitations conjoncturelles et comparable, par sa permanence, à la neutralité intemporelle de La Joconde face à l’usure du temps.
Un viatique littéraire pour décrypter la matrice du pouvoir
Afin d’armer intellectuellement les observateurs sceptiques qu’il qualifie, par analogie biblique, de « Thomas », « Pierre » ou « Iscariot », le journaliste dresse une bibliographie éclectique et exigeante. Il exhorte les acteurs de la vie publique à se plonger dans des textes fondateurs aussi divers que Les Cahiers Fédéralistes, La Bible, Les 48 lois du pouvoir de Robert Greene, Le Prince de Machiavel, Le Léviathan de Thomas Hobbes, ainsi que l’essai programmatique Pour le libéralisme communautaire.
C’est à ce prix seulement, selon l’auteur, que l’on peut espérer percer la matrice intellectuelle et philosophique d’un président dont la longévité à la tête de l’État demeure indissociable d’une construction conceptuelle rigoureuse, ancrée dans la stratégie institutionnelle et la maîtrise absolue du temps politique.

































